Sénégal

Un ami m’a demandé de lui rédiger un petit texte sur son pays, le Sénégal. Ce fût donc chose faite. 🙂

Drapeau du Sénégal
Drapeau du Sénégal

Je viens m’asseoir sur cette terre.
Non pas parce que je n’ai rien à faire
J’avais juste envie d’être avec toi
Puis quand je regarde autour de moi
Je sais que ton drapeau ne ment pas
Tu es une étoile, je ne me trompe pas.

Nous avons eu beaucoup de stars
Souviens-toi : la bande de Dakar
Bien avant l’an 2000, sans toubab
Nous écoutions, sous les baobabs
La parole sage venue des berbères
Grâce à toi, je suis peul, sérère,…

Je suis assis, et je pense à l’océan
Il nous entoure, il est bienveillant
Un fleuve t’a donné ce nom que voici
C’est comme s’il m’avait nommé aussi
La pluie ou le soleil, la fraternité :
On est ensemble, même sans été.

Nous avons tant voulu nous émanciper
Que nous avons tenté de nous regrouper
Sénégambie. Te rappelles-tu de ce jour ?
Dommage, ce lien à peine tissé fût court
Mais nous pouvons être fier de nos chefs
Léopold, le lion rouge, héros de notre fief.

Je suis assis, et je me dis que je suis bien né
En ton étoile, je veux pour toujours m’incarner,
Alors je te remercie. Au seuil de ta maison,
Je m’incline, je t’offre du lait et une oraison,
Las, beaucoup d’entre nous se sont dispersés
L’exil, pour une seconde vie, recommencer.

Bien sûr, il n’y a pas de mer sans courant
Tout n’est pas simple, même entre amants
On s’est disputé, invectivé : « y’en a marre ! »
Des luttes intestines, chacun veut sa part !
Nos enfants voulaient enfin un renouveau
Une saine révolte, puis l’alliance à nouveau…

J’apprécie vraiment ce moment seul avec toi
Je parle en français pour t’exprimer ma joie
Mais ce que je ressens le plus profondément
Je ne peux l’exprimer qu’en wolof, maintenant
Je pourrais même te dire beaucoup, en arabe,
En hassanya, te dire je t’aime, là sous cet arbre.

Je suis né dans tes bras
Je me nourris de ta terre
Sénégal
Vois comme je suis fier,
De t’avoir comme endroit,
Sénégal
Tu m’as doté du meilleur :
Je porte ton flambeau !
Sénégal
Je resterai sans frayeur,
Au sein de ton berceau.
Sénégal

mangui dioudo thi sey lokho
mangui dounde ci la souf
senegal
xolal ni ma sigué
bi ma la amé ngay sama deukouway
sénégal
ya ma diox li gueun
sa raya la yor
sénégal
dina deuss té dou ma tite
thi sa bir mbootou
sénégal

 

(novembre 2012)

 

Merci à Manekh pour la traduction en wolof.

Le Sénégal

Ce texte est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons

Au fond il y a la mer

Au fond je vois la mer
Mes espoirs vont s’y noyer
Mes rêves se sont envolés dans l’éternité
Les pas que je fais sont pour les retrouver.

Une route sur laquelle je marche
Des feuilles jonchent le sol
Les oiseaux sont ivres morts
De cet été qui ne cesse sans remords.

Le soleil est comme un fouet
Un supplice de plus ou de moins
Qu’est-ce que cela peut faire
Puisque au fond, je vois la mer.

Dieu puisse-t-il me pardonner
Là, de tout abandonner
De me faire oublier
Du monde des conscients.

Je tiens la mer au creux de ma main
Salé pour des vacances
Sucré pour ma délivrance
Je n’ai plus qu’à prononcer la formule rituelle.

Vous vous sentez de rire
N’oubliez pas mes larmes
Car dans cette grande maison
Parfois, tout est brouillé à l’horizon.

Je vais me jeter
Telle une bouteille à la mer
Il n’y aura pas de message,
je ne pars pas à la nage.

Des rires, de la musique, un oiseau
Est-ce que ce sera le Paradis
Tel qu’on me l’a décrit ?…

Pour le moment, je suis épris
Car profonde est la mer
Car au fond, il y a la mer…

 

(février 2006)

 

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