Salamaleykum.

Premier jour.

Il y avait cette route de graviers.
Je me revois y marcher avec quelques amis
Je vois aussi d’autres personnes
Un événement se déroulait
Ce n’était pas réellement une fête.
Tout le monde semblait calme et apaisé
Nous marchions – certes –
Mais nous n’étions pas oppressés.
À quelle période était-ce ?
Cela n’a pas d’importance.
Je me souviens qu’il faisait bon
Dans nos cœurs, dans nos têtes,
Peut-être est-ce naïf de dire cela.

Deuxième jour.

J’entendais aussi de la musique
Je n’aurais su dire d’où elle provenait
Elle m’accompagnait, c’est tout,
Elle accompagnait les autres également
Ce n’était pas vraiment une musique festive
Son but n’était pas de nous faire danser
Certes, parfois la mélodie était rythmée
Je me disais qu’elle nous entraînerait
Comme quand pour se donner du baume
Tout le monde lentement se mets à chanter
Ici, ce n’était pas forcément le cas
Nous étions déjà apaisés je crois bien
Ces sons ressemblaient plus à un écrin.
Nous étions libres, nous étions heureux.

Troisième jour.

Nous arrivons enfin à un rassemblement
Je viens m’asseoir, tout comme les autres
Le gravier et de la poussière de la route
A laissé place à de l’herbe bien verte
Le temps est désormais clément
On dirait que c’est l’été, ou le printemps
La chaleur ne nous fait pas suffoquer
Il fait bon, le vent souffle un peu
Je suis assis, les gens s’avèrent acquis
Ceux-là même qui gardent un esprit critique.
Un ami me rejoint, ma présence ne l’étonne pas
Il semble même que ça soit naturel pour lui.
Nous discutons, nous écoutons, nous profitons.

Quatrième jour.

Celui qui se tenait devant nous
N’était pas le plus grand des orateurs
Ce n’était pas le genre à endormir les gens
Avec des montagnes de paroles absconses
Une langue qui s’enroulait et se déroulait.
Non, c’était un homme simple et honnête
L’homme qui nous adressait la parole
Aurait pu être notre ami, notre confident
Il savait que notre confiance était chère
Celle-ci n’en avait pas de prix d’ailleurs.
Ses mots simples, ses mots doux, ses gestes
Signifiaient qu’il nous accordait la sienne également
Je me demande même si au lieu d’un discours
Ce n’était pas plutôt une discussion que nous avions.

Cinquième jour.

Je remarquais que d’un seul homme
Au début, s’adressant à notre assemblé
Plusieurs commençaient à se parler ensuite
Nous passions de l’écoute à la discussion
J’avais compris quelque chose d’important :
L’orateur du départ n’était pas un chef
C’était un incitateur, un initiateur.
Il proposait une direction sans ordonner
Je constatais quelque chose d’important
Cet homme, il n’était pas différent de nous tous
Cela se voyait aux vêtements qu’il portait
Ils étaient comme ceux que nous portions d’habitude
Puisqu’il n’y avait pas de chef, il n’y avait pas d’uniforme.

Sixième jour.

Il faisait nuit lorsque nous nous retrouvâmes
Ce n’était pas étrange de nous réunir à ces heures
Nous avions décidé de nous tenir compagnie
D’habitude, les lucioles peuplaient ce lieu
J’espère que nous ne les dérangions pas trop
Les étoiles peuplaient le ciel devenu sombre.
Sous leur bienveillance on se rejoignait
Nous avions créé sans nous en rendre compte
Un monde d’où ne pouvait naître que la plénitude.
Malgré la semi obscurité, tout était clair,
Le blanc est elle vraiment la plus pure des couleurs ?
Que la lune soit la plus belle du monde
Que cette nuit dure plusieurs nuits
Que nous soyons serein lorsque le jour arrivera.

Septième jour.

Tout le monde est parti, je suis seul maintenant
J’ai la sensation d’être solitaire à présent.
Comment peut-on passer de la foule à la solitude ?
Le lieu semble avoir soudainement changé
Je marche lentement, un peu plus vite
Je flotte presque, bien que mes pieds touchent terre
Je ne comprends pas trop ce qui m’arrive
J’évite de justesse les obstacles, je suis grisé.
Je traverse un pont, je longe une plaine
Me voila dans un champ puis une forêt
On dirait que la multitude, ce sont les arbres
Mes sentiments s’emmêlent, j’ai le vertige
Finalement, mon pas ralentit peu à peu.

Huitième jour.

Doucement, tout se stabilise autour de moi
Je me surprends alors à murmurer des phrases
Je ne saurais dire s’ils elle avaient un sens
Je suis persuadé qu’elles ont une signification
je ne suis pas sûr de savoir à qui elles s’adressent
Si c’était des prières, elles seraient pour le plus haut
Si c’était des complaintes, je les garderais pour moi
Si c’est une chanson, est-elle faite pour me rassurer ?
Si je m’adresse à quelqu’un, qui est cette personne ?
Il n’y a uniquement que des arbres autour de moi
Quelle idée de vouloir leur parler ? Est-ce absurde ?
Je constate que je ne suis pas totalement seul ici
Ce qui provoque en moi de l’inquiétude. Je me ressaisis.
Je pense que je ne dois pas m’inquiéter. Je me laisse porter.

Neuvième jour.

S’il arrive que les vipères ne manquent pas
Je n’ai pas trouvé de serpent à cet endroit
Si jamais j’en trouvais, ça ne serait qu’un animal.
ici, tout est tranquille, il n’y a rien à craindre
Si j’ai commencé à ressentir de l’angoisse tout à l’heure
C’était sans raison, d’ailleurs, la clarté n’avait pas disparu
C’est juste que j’avais fermé les yeux un instant
Quand je les ouvre à nouveau, je m’aperçois que je n’ai plus d’habits
Est-ce que je me sens nu pour autant ? Je ne le crois pas.
Ceux que je pensais avoir disparu sont bel et bien présent
On vient me parler, je suis heureux de me retrouver avec eux
Je n’imagine pas que nous soyons séparé pour quelque raison
Cette fois-ci je respire, je recommence à vivre, à aimer.

Dixième jour.

Nous sommes en train de nous baigner
C’est un peu comme au commencement
Sauf que nous ne sommes pas né ainsi
Ce n’est pas grave, il suffit de suivre le courant
Il est inutile d’apprendre à nager, tout est inné
Si quelqu’un risque de se perdre, pas d’inquiétude
Il est avec nous, nous sommes ensemble.
Loin de nous noyer, voilà que nous tournoyons
Les poissons en deviendraient presque jaloux.
Nous ne désirons pas nous enorgueillir
Tout à l’heure, nous marchions, maintenant, nous nageons,
Plus tard, nous lèverons-nous ? Laissons nous guider.
L’eau ne paraît ni froide ni chaude. Elle est agréable.
Il ne nous vient pas l’idée de la quitter.

 

(juin 2017)

 

Ce texte est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons

Auteur : AUGUSTUS

Lorsque les hommes auront compris qu’ils ne sont que des hommes, nous n’aurons plus de raison d’avoir peur de nos différences.

Take it as it comes. And if it doesn’t come, then take all your clothes off.

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