Des femmes et des hommes…

Quand tu vois une femme qui porte le voile,
Tu penses : tristesse, elle se cache derrière une toile !
Tu dis : ne serait-ce pas mieux qu’entièrement elle se dévoile ?
Quand cette femme te voit alors que tu te présentes ainsi,
Elle pense : tristesse, c’est ainsi que l’on s’habille ici !
Elle dit : est-ce vraiment mieux cette attitude que voici ?

Les hommes ne sont-ils fait que pour assouvir leurs pulsions ?
Non.
Les hommes ne sont-ils que l’antithèse de leurs femmes ?
Non.
Les hommes n’ont-il que pour seule justification celle d’avoir raison ?
Non.
Se demande une femme certaine de la déception qu’elle clame !
Non, voudraient lui répondre les hommes enclins à la modération.

Une femme à un homme :
Si je marche en faisant résonner le bruit de mes talons
Si je ne suis que légèrement vêtu au dessous du menton
Si je fais en sorte que les hommes soient à mes talons
Si je suis la meilleure charmeuse de serpent des environs
Si je ne possède que la futilité comme seul compagnon
Alors il est temps que que tu sortes enfin de tes songes.

Tu le voyais comme on voit la perfection
Il te voyait comme on rêve sa destination
Il te voulait, il s’obstinait, c’était sa conviction
Tu l’as accueilli, puis agréé, il avait ton attention
Alors que s’est-il passé ensuite, avant la dévastation ?
Vous aviez fait comme les autres, par pure prétention ?

 

(juillet 2014)

 

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Ramadan 2011

[note de 2018] Durant le Ramadan de 2011, je m’étais fixé l’écriture de quatre vers chaque jour que comptait ce mois.

C’était en quelque sorte une sorte de cadavre exquis dont j’étais le seul rédacteur.

Voila pourquoi ce texte peut sembler ne pas avoir de sens, chaque strophe reflétant mon humeur du jour.

1er août

Aujourd’hui, c’est le premier jour
J’ai décidé d’affronter les vautours
Je me demande si cela le vaut toujours.
Démons : est-ce la fin du parcours ?

2 août

J’invoque ton nom, en le murmurant,
J’espère que personne ne nous entend !
Comme si cela m’était rassurant.
Tu es de, mon équilibre, le garant.

3 août

Je foule un peu des pieds cette vie
J’ai le choix : me contenter d’être ravi
Ou avoir besoin – comme un défi –
d’une montagne jamais encore gravie

4 août

Seras-tu là comme je l’espère ?
J’aime quand tu veux me plaire,
Je me réfugie dans mon repaire
Je t’attends, je prie, j’espère…

5 août

J’apprécie quand tu es séduit,
Nulle question d’aspirer à l’utopie.
Ce qui nous arrive, c’est bien ici,
L’opportunité, les gens l’oublient…

6 août

Pourquoi tous ces actes délictueux
Contraires a leurs mots orgueilleux ?
Vivre ses journées le ventre creux
Devrait nous rendre plus sérieux…

7 août

Nous ne sommes que des amoureux,
Toi et moi. Nous vivons, si chanceux,
De ne pas être de leurs plans odieux :
Honorons les humbles, les respectueux.

8 août

Quitte à susciter de l’incompréhension,
Ne prenons pas de mauvaises directions.
Notre maison requière notre attention,
Admirons-les : ceux-là sont en passion.

9 août

Nous entendons bien leurs invocations
De la sérénité, ils en sont l’évocation,
Nous prenons part à cette procession
Pourtant, il y avait eu l’appréhension.

10 août

J’ai appris d’autres habitudes
Tu m’as apporté la plénitude.
On s’étreint, en toute quiétude,
J’ignorais posséder l’aptitude.

11 août

Nous sommes ensemble, pas de leurre
Nous entonnons le même air fédérateur.
Toutes les nuances : une seule valeur.
Tous réunis au nom de l’acte fondateur.

12 août

Je ne voudrais jamais te dire adieu
Je ne trouverais soleil plus radieux.
Un « au revoir », ce n’est guère mieux,
J’espère ne pas être trop orgueilleux.

13 août

Au retour, nous serons sans doute déçus…
Essayons de garder nos désirs, voire accrus.
Ce qui importe, c’est de parvenir à l’issue,
Nous dirons : nous y sommes enfin parvenus !

14 août

Pas question de grande philosophie
Tentons simplement de mettre à profit
Ce que nous avons régulièrement appris,
Sinon, nos âmes risquent l’atrophie.

15 août

À ceux qui prétendent – par leurs discours –
Savoir ce que chacun de nous encourt,
À ceux appliquant leur justice sans recours :
Silence ! Éloignons-nous-en sans détours.

16 août

Nous nous énervons de temps en temps
Or, il faudrait que nous soyons constants
Puis, que nous réussissions à nous sentir patient
C’est ce qui nous rendrait plus résistants.

17 août

Lorsque je ressens le besoin d’avoir un avis
Devrais-je m’adresser auprès des instruits ?
Ne pas toujours céder à mes propres envies
Qui peuvent, parfois, ne devenir que du bruit ?

18 août

Et soudain, tous ces hommes s’apaisèrent
Puis, dans les mêmes eaux, ils se baignèrent
J’ai même crû voir certains qui se saluèrent
Allaient-ils enfin découvrir une seule terre ?

19 août

Dommage : ce n’était qu’un monde qui luit
Au fond de moi-même. Je ne dirai pas : tant pis
On peut se sentir – par tout cela – éconduit
Or, je suis avec toi, je profite à nouveau du répit.

20 août

Je ne veux pas prétendre être malheureux
Mais de plus de justice, je suis désireux
Est-ce un désir qui semble si hasardeux ?
J’ose espérer qu’il se révélera fructueux.

21 août

À présent, saisissons ces moments généreux
Que l’on nous offre. Ces instants chaleureux,
Ce temps que l’on aime chaud, et fructueux.
Savourons ces plaisirs exquis et voluptueux.

22 août

À ton éloignement, je n’ai pas de solution
Je ne peux que regretter ta disparition.
Je pourrais me répandre en lamentations
Te retrouver bientôt, j’en ai la conviction.

23 août

Pour le moment, au milieu de ces plantations
Je caresse cette herbe. Je ressens un frisson.
Puis, je chéris l’ensemble de ces créations
Cela ressemble à une toile, une illustration.

24 août

J’admire ta beauté : un songe qui se dénude
Ce n’est que le commencement : un prélude
Dans la nature, il n’y a vraiment rien d’absurde
Jouissons, grisons-nous de tant de gratitude.

25 août

Ce sentiment doit se terminer sans querelleur
Souhaitons que ne se dissipe pas la chaleur.
Le calme apaisant de ces jours, de ces heures
Nous berce tel un vent doux qui nous effleure.

26 août

Oui, j’ai envie de rejoindre ton cœur radieux
Je ne me perdrai pas en bavardages insidieux
Je respirerai ton souffle, un écho mélodieux
Ma bouche s’emplira d’un goût merveilleux.

27 août

Les efforts sincères ne restent pas inaperçus
Ce qui vient de soi se passe de compte-rendu
Peu importe ce que nous portons comme tissu
L’important, en substance, c’est la main tendue.

28 août

Le crépuscule, de sa venue, nous gratifie
Les astres ressemblant à une calligraphie
Chacun de nous sait ce que cela signifie
Nous sollicitons celui qui nous magnifie.

29 août

La fin arrivera, sans vraiment être un réveil
On va se tenir, se dire qu’on est tous pareil
Demain ne sera sans doute pas comme la veille
Mais, tout le monde se saluera : a dan dot soley…

(août 2011)

 

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Des vers… d’hiver.

L’amitié est un baiser sur ta joue, là.
Amour est un autre que je donnerais, là,
Maintenant, sur ta bouche, Incha Allah.
Insistes-tu pour que cela soit comme ça ?
Apprécies-tu quand je deviens un forçat ?…

 

Calmement, elle se couche sur le sol,
On dirait presque qu’elle me cajole…
La lune ressemble à une luciole.
Et si on décidait, ici, de se plaire,
Restons là, construisons une pépinière,
Espérons. Loin : ce qui nuit. La misère.

 

Sois attentive quand ton psy cause
Accepte qu’il soigne tes psychoses…
L’hostilité, un jour, se montre en robe,
Innocence dans laquelle elle s’enrobe…
Modère ce comportement, tu larmoies,
Ai-je seulement versé une larme, moi ?

 

Pour que tout soit parfait, je m’abandonne à l’eau
Ruisselante sur moi, se donnant, jusqu’à mon halo,
Intérieurement, je m’offre une seconde naissance
Enlace, imprègne cet homme nu de cette essence,
Raffermis mon âme, puis rejoins l’univers au galop
Enchanté, sans arrogance, je plonge dans ton halo.

 

Je n’ai pas la prose d’un docteur
Je le constate à ton air moqueur.
Mais, bientôt viendra mon heure
Tu constateras, alors, ma grandeur.
Je t’aurai montré, sans être vengeur
Que je suis moi, mais encore meilleur.
Tu reconnaîtras mon esprit frondeur
Dont je sais faire preuve avec vigueur.
Une présence d’esprit digne d’un prêcheur
À faire pâlir d’envie bien des leaders.

 

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Des – espoirs

Je suis né avec cette couleur de peau
Que l’on associe à tous les maux
Comme horizon, un soleil de béton
Mon horizon, un décor sans horizon.

Puis ma vie défile
comme un fil embrouillé de nœuds
Alcool et mauvais genre vont faire de moi – au nom de la loi –
quelqu’un que l’on accuse de tous les maux.

Au cours de ma vie, pas de pitié
Mais je me dis qu’il me faudra bien avancer
Même si ma peau est de couleur noire
Une nouvelle voie, je dois concevoir.

Faire table rase du passé
Arrêter de me lamenter
Au nom de « l’injustice », cesser de pleurer
Mais pas renier mon passé.

Pour exemple, Martin Luther King et Malcom X
Eux ont sût prendre des risques
Même à mon niveau, je sais ce que je vaux.

Entre les amis et les potes
S’éloigner de ceux qui vous entraînent
Vers une déchéance encore plus grande
Ne se consacrer qu’à ceux qui vous soutiennent.

Aujourd’hui mes égarements sont bel et bien terminés
Au nom d’Allah, j’ai trouvé ma fierté
Et pour tous les hommes, je prie en somme
Que nous puissions vivre en toute liberté.

 

(juin 2006)

 

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