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Je ne peux plus t’aimer

Je ne peux plus t’aimer
Je ne sais pas pourquoi, c’est ainsi
Absolument rien ne sert de l’ignorer
Pourtant, je vois que tu es agacée.

J’ai eu beau aller consulter
Des gens, des spécialistes, des psys
Des heures et des heures d’analyse,
Avaler des remèdes magiques, ou prescrits
Marabouts ou médecins, je suis resté sans vie.

Je ne peux plus t’aimer
Est-ce toi qui ne me désires plus ?
Est-ce moi qui désire autre chose ?
La solution est-elle le problème ?

J’ai eu beau tenter une expertise
Au point que l’on m’hospitalise.
En conclusion : causes imprécises.
Je ne pouvais t’aimer plus qu’auparavant
Aurais-tu été patiente pour moi le patient ?

Je ne peux plus t’aimer
C’est ainsi. Nous l’avons compris.
Les images qui défilent en moi,
Ne sont que des fantasmes sans émoi.

J’ai eu beau naviguer
Sur l’océan de toutes les intentions
Bonnes ou mauvaises, crues ou sensuels,
Les manières, les orientations, les tentations.
Mon sang ne circule plus, je suis sans vie.

Je ne peux plus t’aimer
J’ai tenté de te donner, je suis confiné.
Peut-être un jour reviendra ma liberté
D’ici là, qu’auras-tu décidé ?

Nous avons pourtant essayé
Un peu chacun de notre côté
La distance est-elle la solution ?
Il est temps pour autre chose :
Retirons nos masques : je ne peux plus t’aimer.

Malgré tout, cela, je l’écris
On dit que cela fait partie de la thérapie.
Hélas, ma frustration m’inspire le mépris
Vivre de cette manière m’aura appris
Que l’on ne peut plus s’aimer.

 

(avril 2020)

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Je vais partir

Je vais partir
M’a-t-il enfin dit,
Je m’y attendais
Je n’y étais pas préparé, j’avoue.
Je le voyais là,
Devant moi, l’air convaincu
Comme s’il avait trouvé la sortie
Comme si tout ce qui était avant
Ne le concernait plus vraiment…
Et qu’en même temps, l’appréhension
Le tenaillait encore un peu.
Il me dit : « La-bas c’est la guerre »
« Que font-ils de nos terres ? »
Je ne sus quoi lui répondre
Quelque parole aurait été stupide,
Moi-même, je me sentais stupide.
Lui, me voyait là.
Cependant, j’étais satisfait.
Mais pourquoi partir ?…

Je dois partir
Insista-t-il, se sentant grandi.
Il jubilait
Mes membres tremblaient, malgré tout.
Il se tenait là
Devant moi, un peu tendu.
Pourtant, j’étais déjà de son parti
Pourtant, je le savais capable, bravant
ce qui se racontait quand le jaloux ment…
En même temps, il voyait mon appréhension
Qui me faisait chanceler un peu.
Il me dit : « sois fort pour moi mon frère
« Sois fier de moi mon frère »
Oui. Je ne devrais pas me morfondre
Je le regardai, je le sentais splendide.
Mes yeux se firent liquide
Lui, me voyait là.
Rayonnant, il parlait, il me rassurait.
Alors pourquoi s’assombrir ?

Je veux partir
Martela-t-il, resplendi.
Il espérait.
L’euphorie me vint, ce fut son atout
Il était droit, là.
Néanmoins, ni sournois, ni fier-à-bras.
Soudain, il était déjà parti
Soudain, il devint absent…
On se serra la main fermement
En même temps, je voyais son ascension
Qui me donnait du courage en ce lieu.
Il me dit : « La-bas, on laisse faire
« Je ne peux pas rester à l’arrière. »
Non, car la-bas, le monde s’effondre
Nous sommes spectateurs du sordide
Il avait raison, il devait être un guide…
Au firmament, déjà, je l’imaginais
Alors pourquoi toujours subir ?

Il est parti
Ainsi soit-il. Qu’il soit béni
Je me souviendrai :
Ce combat devenait sien, c’est tout.
Je le vois droit, la-bas !
(Tu seras un ange la-bas.)
Voilà, il ne s’est pas départi
Le voilà fier combattant.
C’est ce qui le concerne dorénavant.
Entends, je suis en admiration,
Patiente, nous serons victorieux.
« Oui, nous sommes fiers de notre bannière
Nulle opprobre ne pourra nous faire taire. »
Non, personne ne vous fera devenir ombre
Quand bien même ce sol devienne aride.
Le monde vous verrait être les apatrides,
Il se peut que vous dominiez les sommets.
Auprès des oliviers, plus besoin de fuir.

 

(juillet 2014)

 

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Ton Amour…

Ton Amour… (montre moi la route)

 

[Ce texte va peut-être heurter la sensibilité de certains ou certaines, en surprendre d’autres. J’estime simplement m’adresser à des personnes douées d’intelligence.]

 

Je lis dans tes mains nos destinées
Je comprends que tout est prédestiné
Pour ma princesse, je veux m’oublier
Oublier… à en devenir ton meilleur allié
Mes sens semblent alors s’éveiller
Me voila une créature, un être décidé
Puisque je sens soudain ton goût sucré.

Reine du désert, tes habits de déesse
Découvrent au monde ton rang de prêtresse
Seulement pour moi, tout cela tu délaisses
Tu t’offres à moi, toi ma princesse
Tu me révèles ta nudité, ma jeunesse
Je ressens la joie, l’envie, l’allégresse
Pouvais-je rêver meilleure noblesse ?

Comme un homme qui retrouve les siens
Se souvenant toujours de son chemin
Mes caresses se donnent à tes seins
Deux collines qui s’offrent à l’humain
Sur celles-ci, le point culminant du bien
Tes tétons, soyeux comme un drap de satin
Sur lequel semble souffler un vent lointain.

Je suis un marcheur dans ton sentier
Tu me charmes, et j’avance hypnotisé
Tu es mon charme, et j’avance enfiévré
La dune de tes fesses m’offre l’éternité
Puis un chemin me mène vers l’obscurité
Ce membre, mes doigts, veulent y pénétrer
J’ai découvert ton secret, ton intimité.

Je suis vulnérable face à tes caprices
Tes cheveux et tes yeux sont mon abysse
Je me retrouve au bord du précipice
Au fond, je ne peux plus me ressaisir
Brûlant sous la flamme de ton supplice
Ta langue me laisse un goût d’épice
Tes lèvres sont le refuge de mon pénis.

Tes deux lèvres sont de véritables cieux
Dans lesquels je ne peux me sentir mieux
Tu m’acceptes dans cet endroit merveilleux
Ma langue n’a pas connu plus délicieux
Mon tort ne sera pas d’être curieux
D’honorer cet endroit des plus soyeux
Qui refuserait ce lieu, hormis un capricieux.

Mon corps brûle à l’idée de l’avenir
Le tissu qui me couvre me va à ravir
Une force majestueuse, un délire
Prennent possession, pour m’envahir
Tu m’acclames, je sens que j’arrive
Je n’en peux plus, je vais me trahir
Goûtons de ce miel, il coule de plaisir.

Goûtons de ce miel, tu es au ciel
Tu cries mon nom, tu m’interpelles
Le roseau se ploie, mais tu me hèles
Je suis rompu, et tu me rappelles
Mes derniers souffles se mêlent
À ta satisfaction, la route fût belle
Et déjà nous entendons l’appel…

 

(avril 2008)

 

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Fermez-là.

Quand tu n’as plus rien à dire ou à écrire
Rien de telle qu’une bonne polémique
Afin que les médias te donnent la réplique
Ça se veut politiquement incorrect
Ça déverse publiquement sa haine
Attention : liberté d’expression !

Plus besoin de justice, ni de verdict
Pour juger maintenant, une bonne vindicte
C’est à celui qui condamnera le plus vite
La présomption d’innocence, on la nique
On se met à quatre pattes, tant qu’on participe
Bientôt la peine de mort sur ton réseau merdique !

Pour appâter le chaland, on lui conte de belles histoires
Des témoins qui pleurent en direct, on doit y croire
Les méchants ? Eux n’ont même pas le droit au parloir
Sur ton écran, les gentils sont là pour t’émouvoir.
Que l’on se rassure, la police fera bien son devoir :
Avertissement aux séditieux, ils risquent l’abattoir.

Mon téléviseur est rempli de chroniqueurs
Flattés par de misérables journalistes en chaleur
Inutile d’avoir fait des études, quelle horreur !
Communicants, people sans intérêt, un vrai thriller
Hélas, le dîner de cons est bien réel entre partouzeurs
LCI, CNews riment avec bouse, mais ça n’attire plus les mouches.

Tous les jours, en permanence, la France doit avoir peur,
Qu’elle s’enferme à triple tours, il pourrait arriver un malheur
Les rues sont pleines de violeurs, de gens venus d’ailleurs,
La solution : condamnation immédiate pour tous ces mineurs.
C’est la réalité, puisque qu’on nous l’assène à toute heure,
Par des politichiens racoleurs, c’est le festival des mauvaises odeurs.

Bazardons tous ces torche-culs, ces médias irresponsables,
N’assistons plus à ces grimaces de singes misérables
Cessons d’être complices de ces discours pitoyables
Sortons de notre condition de spectateurs influençables
Une fois le public parti, ils ne seront plus que des minables.
Prouvons à ces baltringues qu’ils seront indésirables.

Restons encore un peu chez nous

À lire de préférence le soir…


Aujourd’hui, rien n’est comme d’habitude
On dirait que les gens ont soudain disparu
Peu importe, ce n’est pas si dérangeant
Finalement, je trouve que c’est reposant.

Nous sommes prêts à nous aimer
Profitons-en pour se rapprocher
Nous allons tout faire pour oublier,
Cette situation va nous encourager
À se toucher, à s’entremêler.

La vie en dehors à vrai dire m’indiffère
Ces circonstances en rien n’interfèrent,
Je ne peux agir, je peux juste obéir
Tous les autres doivent aussi subir.

Nous enlevons nos tissus étouffants
Nous découvrons nos corps, lentement,
Nos narines, nos oreilles en se frôlant
Nous incite à redécouvrir nos sens,
Ventre contre ventre, nous allons de l’avant.

L’air est si pur, au-dehors
De vert, la nature se colore
Pas grave, nous ferons sans
Je ne sens rien d’oppressant.

Nos jambes s’entremêlent, nous nous aimons
Nous nous aventurons, en chacun nous entrons
Nous sommes solitaires, nous nous ébrouons
Nous quittons doucement cet univers, nous jouons
Rejoignons le monde parallèle. Nous rions.

À la télévision, les infos défilent sans répit
Bien tristes les gens que tout cela terrifie.
De la radio proviennent des musiques,
Des sons qui nous enivrent à l’infini.

Nos cellules n’ont pas peur de se mélanger
Elles parcourent nos épidermes jusqu’à fusionner
Dans la pénombre, laissons-nous emporter
Cette affection ne nuit pas, laissons-la germer.
Nos nuits sont plus belles que vos journées.

Délaissons les dominateurs, les mauvais esprits
Les profiteurs, ceux qui n’ont qu’un cœur assombri.
Cet endroit n’est probablement pas le paradis
Agissons pour que ça le devienne petit à petit.