Salamaleykum Salim

Onzième jour.

Salim n’est pas si différent de nous autres
À l’adolescence comme tant d’autres
On aspire aux meilleures choses.
il devait écouter du rock, ou du rap
Cela agissait pour lui comme une soupape
Il se disait au moins de ce monde, je m’échappe
Il en écoute sûrement encore aujourd’hui.
Cela lui permet-il d’oublier la pluie ?
Il l’a décidé, Il était obligé de faire ce choix
Ses amis lui ont assuré que c’était là sa survie
Surtout quand on est dans le désarroi.
Sans cesse dans ses pensées il se noie.
Des rêves il en a, lui tant habitué aux cauchemars…

Douzième jour.

Salim, c’était sa famille, ses parents
Comme tout un chacun sur cette planète
On n’y pense pas, quand on est adolescent.
L’individu lui a pourtant certifié
Que tout se passerait en beauté :
« T’inquiète mon frère, t’a pas à t’inquiéter ».
Alors il s’en est remis aux mains du destin
Il priait, c’était sa force contre ce qui était incertain
Il se souvint des moments joyeux, même si lointain.
Triste ironie, quand on doit payer pour se séparer
Triste salaire, quand la misère, on ne peut plus soigner
C’est la guerre ici, or c’était son paradis déclaré.
Des rêves il en a. Que disparaisse le brouillard.

Treizième jour.

Salim avait des projets, des ambitions
Pouvoir offrir aux siens une meilleure situation
Il savait que cela ne se ferait pas sans passion.
Hélas, il a vu son univers finir par sombrer,
Ses proches disparaître, lui pour toujours abandonné.
Il avait enfin fini par rejoindre tant d’autres, écœurés.
Le soir du départ, torturé fut son sommeil
Des insectes étranges peuplaient sa veille
Ils le survolaient de la tête aux orteils.
Inconscient, il se voyait se noyer.
On lui avait assuré que la-bas, c’était le bon endroit
Certains lui disaient qu’il était dans son bon droit
Certes, le voyage serait long. Ici c’est un chemin de croix.

Quatorzième jour.

Salim ne s’imaginait pas grandir aussi vite
S’était-y mal comporté pour voir sa vite détruite
Il constatait bien que tous également étaient en fuite.
Il n’aurait jamais pensé voir chez ses parents le chagrin
De ses larmes il avait honte, lui qui feignait d’être serein
L’infamie n’aurait pas été de partir, il y était contraint.
Ses compagnons lui avait conseillé de ne pas prendre d’affaire
« Tu sais, tout ce qui sera à toi se trouve au loin sur cette terre »
Au matin, le voila avançant, suivant les gens, sans colère.
« Tu verras, la-bas ta vie sera belle, comme à la télévision »
C’est vrai, la sienne ne pouvait pas être pire, en conclusion
Seulement, devenir un héros de série, il tournait ça en dérision.
Ce n’était pas les épisodes où il était le roi.

Quinzième jour.

Salim espérait un jour parcourir tous les cieux
Aller à la rencontre de ce qui le rendait curieux
Là, son premier départ serait périlleux.
Il allait embarquer comme un amer passager
Il espérait néanmoins qu’il s’était bien engagé
Son espoir, c’est ce qui le faisait s’encourager.
D’ailleurs, l’heure de l’embarquement approchait
Il avait si peu dormi, qu’y aurait-il après ?
Tous ceux autour de lui pour le départ était prêts.
Peut-être avaient-ils raison, le paradis valait bien cette peine
Certains se mirent à chanter leur victoire prochaine
Il se mit à chanter avec eux cette aubaine.
Cette mer n’a rien d’un mur, il suffit de se lancer
Le sable, la chaleur, la faim, il l’avait déjà tant enduré.

Seizième jour.

Salim aperçut l’embarcation, il manqua de chanceler
On leur avait promis que leur vaisseau ne pouvait couler
Il se demandait si celui-ci pouvait encore naviguer.
Salim défaillait, ses membres tremblaient, il voulut détaler
Il ferma les yeux, terrifié, il aurait voulu se réveiller,
Se boucher les oreilles, ne plus entendre les autres se lamenter.
Son sang se glaça lorsque des menaces se fit entendre
Des hommes agressifs : il ne mit pas longtemps à comprendre
C’était donc ceux là qui les pousseraient dans les méandres.
Il voulait faire demi-tour, il n’avait plus assez de courage.
Certains de ses compagnons se risquèrent à quitter le rivage.
Devant des hommes menaçant, il valait mieux rester sage
Salim compris qu’on les avait floués, ils étaient les condamnés.

Dix-septième jour.

Salim regarde autour de lui. Un océan les encerclait
Il constatait : les visages qui l’entouraient étaient inquiets
L’embarquement avait ressemblé au pire des méfaits
Des individus les avaient terrorisés, sûr de leurs armes
Celui qui ne partait plus, qu’advenait-il de son âme ?
Des cris et les pleurs, pouvait-on imaginer pire drame ?
Quelques-uns n’auraient jamais voulu connaître la mer
L’euphorie passé leur a fait oublié qu’ils étaient de la terre
Mais tous osaient espérer que ce périple soit salutaire.
Il fallait maintenant être solidaire, quelle que soit la direction
C’était l’unique manière de conjurer leur propre condition
Que pouvait-on attendre de ceux dont ils ne sont pas l’attention
Salim souhaitait malgré tout que le chemin vaille leur peine.

Une strophe pour Saphirnews.

Salim se réveilla, se demanda un instant où il se trouvait
Ses paupières s’ouvrirent sur le plafond. Il cessa d’être inquiet.
Tout ça n’était que terribles songes ? Non, maintenant, il se souvenait.
Son pays n’était plus vraiment le sien. Encore moins que lorsqu’il l’avait quitté
Et dans ce paradis inconnu, Il avait eu tant de mal à se faire accepter
Tout lui avait semblé étranger, avait-on envie de l’adopter ?
Les droits de l’homme, l’accueil chaleureux, ce n’était peut-être pas pour eux
Il subissait désormais la violence de ceux portant les insignes de ce lieu
La mort s’était déjà nourri de ses compagnons de route. Il trouvait tout cela odieux.
Malgré tout, il était certain que c’était le bon endroit, ici
Dans ce logis, dans ce lit, il se disait qu’il était pour de bon chez lui
Si tout était compliqué sur ce continent, qu’il fallait être endurci
Il fût rassuré quand des hommes, et des femmes l’aidaient, l’aimaient.
Le voyage serait long sûrement, mais il était enfin accompagné :
« Salamaleykum Salim ».

 

(juin-juillet 2017)

 

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Je vais partir

Je vais partir
M’a-t-il enfin dit,
Je m’y attendais
Je n’y étais pas préparé, j’avoue.
Je le voyais là,
Devant moi, l’air convaincu
Comme s’il avait trouvé la sortie
Comme si tout ce qui était avant
Ne le concernait plus vraiment…
Et qu’en même temps, l’appréhension
Le tenaillait encore un peu.
Il me dit : « La-bas c’est la guerre »
« Que font-ils de nos terres ? »
Je ne sus quoi lui répondre
Quelque parole aurait été stupide,
Moi-même, je me sentais stupide.
Lui, me voyait là.
Cependant, j’étais satisfait.
Mais pourquoi partir ?…

Je dois partir
Insista-t-il, se sentant grandi.
Il jubilait
Mes membres tremblaient, malgré tout.
Il se tenait là
Devant moi, un peu tendu.
Pourtant, j’étais déjà de son parti
Pourtant, je le savais capable, bravant
ce qui se racontait quand le jaloux ment…
En même temps, il voyait mon appréhension
Qui me faisait chanceler un peu.
Il me dit : « sois fort pour moi mon frère
« Sois fier de moi mon frère »
Oui. Je ne devrais pas me morfondre
Je le regardai, je le sentais splendide.
Mes yeux se firent liquide
Lui, me voyait là.
Rayonnant, il parlait, il me rassurait.
Alors pourquoi s’assombrir ?

Je veux partir
Martela-t-il, resplendi.
Il espérait.
L’euphorie me vint, ce fut son atout
Il était droit, là.
Néanmoins, ni sournois, ni fier-à-bras.
Soudain, il était déjà parti
Soudain, il devint absent…
On se serra la main fermement
En même temps, je voyais son ascension
Qui me donnait du courage en ce lieu.
Il me dit : « La-bas, on laisse faire
« Je ne peux pas rester à l’arrière. »
Non, car la-bas, le monde s’effondre
Nous sommes spectateurs du sordide
Il avait raison, il devait être un guide…
Au firmament, déjà, je l’imaginais
Alors pourquoi toujours subir ?

Il est parti
Ainsi soit-il. Qu’il soit béni
Je me souviendrai :
Ce combat devenait sien, c’est tout.
Je le vois droit, la-bas !
(Tu seras un ange la-bas.)
Voilà, il ne s’est pas départi
Le voilà fier combattant.
C’est ce qui le concerne dorénavant.
Entends, je suis en admiration,
Patiente, nous serons victorieux.
« Oui, nous sommes fiers de notre bannière
Nulle opprobre ne pourra nous faire taire. »
Non, personne ne vous fera devenir ombre
Quand bien même ce sol devienne aride.
Le monde vous verrait être les apatrides,
Il se peut que vous dominiez les sommets.
Auprès des oliviers, plus besoin de fuir.

 

(juillet 2014)

 

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Brûle (Laisse les brûler…)

Laisse les brûler
Laisse derrière toi
Un monde lointain
Ils nous ont oublié
Pas la peine d’espérer.

Laisse les brûler
Ils se battent. Pourquoi ?
Chacun veut sa miette de pain
Cela ne sert à rien de rester.
Viens avec moi, allez…

Laisse les brûler
Ils s’offusquent ? Quel désarroi !
Des intérêts, plus de dignité.
À quoi bon rester planter là ?
Je t’emmène. Un aller simple.

Tu verras, tu n’auras pas à faire grand chose.
Quelques mots à prononcer : la métamorphose.
Je pleurerai peut-être : je serai surement ému
Des larmes, ce n’est pas très cher pour un promu
De la joie, c’est la conséquence si grandiose.

Laisse les s’évaporer.
Ces chiens, et tous leurs faux amis.
Que gagneront-ils ? De vrais ennemis.
Que restera-t-il ensuite ? Un sursis ?
Rejoins-moi, j’ouvre grand mes bras.

Laisse les s’évaporer.
Un jour, tout finira bien par arriver.
Nous serons des hommes élevés.
Ils nous traitent d’arriérés ? Oublie-les !
Suis-moi, les choses d’avant sont du passé.

Laisse les disparaître.
D’eux, il ne restera rien.
Je les oublie déjà. Plus rien.
Je pense à toi, rien de malsain
Allons-y… Tu es des miens.

Tu verras, tu n’auras pas à faire grand chose.
Quelques mots à prononcer : la métamorphose.
J’exulte vraiment : je suis heureux de ta venue
Des rires : c’est ma joie immense pour un promu
De la fierté, c’est la conséquence si grandiose.

 

Lorsque ce texte m’est venu à l’esprit, j’ai également pensé à ce titre du groupe NOIR DÉSIR : « The wound » (année : 1989)

 

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Ramadan 2011

[note de 2018] Durant le Ramadan de 2011, je m’étais fixé l’écriture de quatre vers chaque jour que comptait ce mois.

C’était en quelque sorte une sorte de cadavre exquis dont j’étais le seul rédacteur.

Voila pourquoi ce texte peut sembler ne pas avoir de sens, chaque strophe reflétant mon humeur du jour.

1er août

Aujourd’hui, c’est le premier jour
J’ai décidé d’affronter les vautours
Je me demande si cela le vaut toujours.
Démons : est-ce la fin du parcours ?

2 août

J’invoque ton nom, en le murmurant,
J’espère que personne ne nous entend !
Comme si cela m’était rassurant.
Tu es de, mon équilibre, le garant.

3 août

Je foule un peu des pieds cette vie
J’ai le choix : me contenter d’être ravi
Ou avoir besoin – comme un défi –
d’une montagne jamais encore gravie

4 août

Seras-tu là comme je l’espère ?
J’aime quand tu veux me plaire,
Je me réfugie dans mon repaire
Je t’attends, je prie, j’espère…

5 août

J’apprécie quand tu es séduit,
Nulle question d’aspirer à l’utopie.
Ce qui nous arrive, c’est bien ici,
L’opportunité, les gens l’oublient…

6 août

Pourquoi tous ces actes délictueux
Contraires a leurs mots orgueilleux ?
Vivre ses journées le ventre creux
Devrait nous rendre plus sérieux…

7 août

Nous ne sommes que des amoureux,
Toi et moi. Nous vivons, si chanceux,
De ne pas être de leurs plans odieux :
Honorons les humbles, les respectueux.

8 août

Quitte à susciter de l’incompréhension,
Ne prenons pas de mauvaises directions.
Notre maison requière notre attention,
Admirons-les : ceux-là sont en passion.

9 août

Nous entendons bien leurs invocations
De la sérénité, ils en sont l’évocation,
Nous prenons part à cette procession
Pourtant, il y avait eu l’appréhension.

10 août

J’ai appris d’autres habitudes
Tu m’as apporté la plénitude.
On s’étreint, en toute quiétude,
J’ignorais posséder l’aptitude.

11 août

Nous sommes ensemble, pas de leurre
Nous entonnons le même air fédérateur.
Toutes les nuances : une seule valeur.
Tous réunis au nom de l’acte fondateur.

12 août

Je ne voudrais jamais te dire adieu
Je ne trouverais soleil plus radieux.
Un « au revoir », ce n’est guère mieux,
J’espère ne pas être trop orgueilleux.

13 août

Au retour, nous serons sans doute déçus…
Essayons de garder nos désirs, voire accrus.
Ce qui importe, c’est de parvenir à l’issue,
Nous dirons : nous y sommes enfin parvenus !

14 août

Pas question de grande philosophie
Tentons simplement de mettre à profit
Ce que nous avons régulièrement appris,
Sinon, nos âmes risquent l’atrophie.

15 août

À ceux qui prétendent – par leurs discours –
Savoir ce que chacun de nous encourt,
À ceux appliquant leur justice sans recours :
Silence ! Éloignons-nous-en sans détours.

16 août

Nous nous énervons de temps en temps
Or, il faudrait que nous soyons constants
Puis, que nous réussissions à nous sentir patient
C’est ce qui nous rendrait plus résistants.

17 août

Lorsque je ressens le besoin d’avoir un avis
Devrais-je m’adresser auprès des instruits ?
Ne pas toujours céder à mes propres envies
Qui peuvent, parfois, ne devenir que du bruit ?

18 août

Et soudain, tous ces hommes s’apaisèrent
Puis, dans les mêmes eaux, ils se baignèrent
J’ai même crû voir certains qui se saluèrent
Allaient-ils enfin découvrir une seule terre ?

19 août

Dommage : ce n’était qu’un monde qui luit
Au fond de moi-même. Je ne dirai pas : tant pis
On peut se sentir – par tout cela – éconduit
Or, je suis avec toi, je profite à nouveau du répit.

20 août

Je ne veux pas prétendre être malheureux
Mais de plus de justice, je suis désireux
Est-ce un désir qui semble si hasardeux ?
J’ose espérer qu’il se révélera fructueux.

21 août

À présent, saisissons ces moments généreux
Que l’on nous offre. Ces instants chaleureux,
Ce temps que l’on aime chaud, et fructueux.
Savourons ces plaisirs exquis et voluptueux.

22 août

À ton éloignement, je n’ai pas de solution
Je ne peux que regretter ta disparition.
Je pourrais me répandre en lamentations
Te retrouver bientôt, j’en ai la conviction.

23 août

Pour le moment, au milieu de ces plantations
Je caresse cette herbe. Je ressens un frisson.
Puis, je chéris l’ensemble de ces créations
Cela ressemble à une toile, une illustration.

24 août

J’admire ta beauté : un songe qui se dénude
Ce n’est que le commencement : un prélude
Dans la nature, il n’y a vraiment rien d’absurde
Jouissons, grisons-nous de tant de gratitude.

25 août

Ce sentiment doit se terminer sans querelleur
Souhaitons que ne se dissipe pas la chaleur.
Le calme apaisant de ces jours, de ces heures
Nous berce tel un vent doux qui nous effleure.

26 août

Oui, j’ai envie de rejoindre ton cœur radieux
Je ne me perdrai pas en bavardages insidieux
Je respirerai ton souffle, un écho mélodieux
Ma bouche s’emplira d’un goût merveilleux.

27 août

Les efforts sincères ne restent pas inaperçus
Ce qui vient de soi se passe de compte-rendu
Peu importe ce que nous portons comme tissu
L’important, en substance, c’est la main tendue.

28 août

Le crépuscule, de sa venue, nous gratifie
Les astres ressemblant à une calligraphie
Chacun de nous sait ce que cela signifie
Nous sollicitons celui qui nous magnifie.

29 août

La fin arrivera, sans vraiment être un réveil
On va se tenir, se dire qu’on est tous pareil
Demain ne sera sans doute pas comme la veille
Mais, tout le monde se saluera : a dan dot soley…

(août 2011)

 

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Le sir concis

Il est (toujours) libre Max (en 2018)

 

Le sir concis…

…va toujours à l’essentiel et se joue du superficiel
les tristes sirs qui parlent, il les ramasse à la pelle.
Ceux qui enroulent et déroulent leur langue de miel,
une spirale de mauvais goût aux graves séquelles
Il sait bien que de toute façon ils finiront à la poubelle.

Le sir concis…

…est cela dit, bon prince, car il laisse tous ces gens parler
Les mauvais tchatcheurs, c’est certain, il pourrait les humilier
Lui préfère ne pas trop en dire, ne pas se mêler
Il laisse le monde désordonné s’entremêler
Il prend ses distances. Sur un petit nuage, il s’est installé.

Le sir concis…

À première vue, tu ne lui accorderais pas le bon dieu
Ses confessions, justement, il les réserve au Miséricordieux
Tu trouveras son costume miteux, pas grave, il a beaucoup mieux
Tu sais, parfois la mort porte une cravate, alors ouvre les yeux.
S’il n’est pas sans reproche, jamais tu ne le trouveras orgueilleux.

Le sir concis…

Sans fausse modestie, ne veut pas son nom au générique
Quand il réussit ce qu’il fait, ça lui paraît un peu basique
Les échecs l’inquiètent, deviennent une angoisse, c’est symptomatique
Pour se sentir rassuré, il veut qu’on pense qu’il est unique
Ne pas user de stratagème pour cela, simplement quelques paroles oniriques.

Le sir concis…

Ne veut pas se constituer de réseaux, là ou tout semble faux
Ne trouvent pas que les petites flatteries soient un cadeau.
Combien ont les autres ? Beaucoup ? Lui a juste ce qu’il faut.
Ni moralisateur, ni laxiste à l’excès, n’est pas des gens joviaux,
Mais si tu as besoin de lui, tu le trouveras au moment où il faut

Le sir concis…

…se sens comme un roi partout. Ne cherche donc pas son château,
Pour que tu sois à l’aise, rien de mieux que des gestes amicaux
Quand il accueille – héritage oriental – il a déjà ôté son chapeau
Tranquille, il vit son style, ambiance occidental, bienvenue amigo !
Il ne cherche pas la querelle, espère juste que tu aimeras son drapeau.

 

(mars 2018)

 

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Salamaleykum.

Premier jour.

Il y avait cette route de graviers.
Je me revois y marcher avec quelques amis
Je vois aussi d’autres personnes
Un événement se déroulait
Ce n’était pas réellement une fête.
Tout le monde semblait calme et apaisé
Nous marchions – certes –
Mais nous n’étions pas oppressés.
À quelle période était-ce ?
Cela n’a pas d’importance.
Je me souviens qu’il faisait bon
Dans nos cœurs, dans nos têtes,
Peut-être est-ce naïf de dire cela.

Deuxième jour.

J’entendais aussi de la musique
Je n’aurais su dire d’où elle provenait
Elle m’accompagnait, c’est tout,
Elle accompagnait les autres également
Ce n’était pas vraiment une musique festive
Son but n’était pas de nous faire danser
Certes, parfois la mélodie était rythmée
Je me disais qu’elle nous entraînerait
Comme quand pour se donner du baume
Tout le monde lentement se mets à chanter
Ici, ce n’était pas forcément le cas
Nous étions déjà apaisés je crois bien
Ces sons ressemblaient plus à un écrin.
Nous étions libres, nous étions heureux.

Troisième jour.

Nous arrivons enfin à un rassemblement
Je viens m’asseoir, tout comme les autres
Le gravier et de la poussière de la route
A laissé place à de l’herbe bien verte
Le temps est désormais clément
On dirait que c’est l’été, ou le printemps
La chaleur ne nous fait pas suffoquer
Il fait bon, le vent souffle un peu
Je suis assis, les gens s’avèrent acquis
Ceux-là même qui gardent un esprit critique.
Un ami me rejoint, ma présence ne l’étonne pas
Il semble même que ça soit naturel pour lui.
Nous discutons, nous écoutons, nous profitons.

Quatrième jour.

Celui qui se tenait devant nous
N’était pas le plus grand des orateurs
Ce n’était pas le genre à endormir les gens
Avec des montagnes de paroles absconses
Une langue qui s’enroulait et se déroulait.
Non, c’était un homme simple et honnête
L’homme qui nous adressait la parole
Aurait pu être notre ami, notre confident
Il savait que notre confiance était chère
Celle-ci n’en avait pas de prix d’ailleurs.
Ses mots simples, ses mots doux, ses gestes
Signifiaient qu’il nous accordait la sienne également
Je me demande même si au lieu d’un discours
Ce n’était pas plutôt une discussion que nous avions.

Cinquième jour.

Je remarquais que d’un seul homme
Au début, s’adressant à notre assemblé
Plusieurs commençaient à se parler ensuite
Nous passions de l’écoute à la discussion
J’avais compris quelque chose d’important :
L’orateur du départ n’était pas un chef
C’était un incitateur, un initiateur.
Il proposait une direction sans ordonner
Je constatais quelque chose d’important
Cet homme, il n’était pas différent de nous tous
Cela se voyait aux vêtements qu’il portait
Ils étaient comme ceux que nous portions d’habitude
Puisqu’il n’y avait pas de chef, il n’y avait pas d’uniforme.

Sixième jour.

Il faisait nuit lorsque nous nous retrouvâmes
Ce n’était pas étrange de nous réunir à ces heures
Nous avions décidé de nous tenir compagnie
D’habitude, les lucioles peuplaient ce lieu
J’espère que nous ne les dérangions pas trop
Les étoiles peuplaient le ciel devenu sombre.
Sous leur bienveillance on se rejoignait
Nous avions créé sans nous en rendre compte
Un monde d’où ne pouvait naître que la plénitude.
Malgré la semi obscurité, tout était clair,
Le blanc est elle vraiment la plus pure des couleurs ?
Que la lune soit la plus belle du monde
Que cette nuit dure plusieurs nuits
Que nous soyons serein lorsque le jour arrivera.

Septième jour.

Tout le monde est parti, je suis seul maintenant
J’ai la sensation d’être solitaire à présent.
Comment peut-on passer de la foule à la solitude ?
Le lieu semble avoir soudainement changé
Je marche lentement, un peu plus vite
Je flotte presque, bien que mes pieds touchent terre
Je ne comprends pas trop ce qui m’arrive
J’évite de justesse les obstacles, je suis grisé.
Je traverse un pont, je longe une plaine
Me voila dans un champ puis une forêt
On dirait que la multitude, ce sont les arbres
Mes sentiments s’emmêlent, j’ai le vertige
Finalement, mon pas ralentit peu à peu.

Huitième jour.

Doucement, tout se stabilise autour de moi
Je me surprends alors à murmurer des phrases
Je ne saurais dire s’ils elle avaient un sens
Je suis persuadé qu’elles ont une signification
je ne suis pas sûr de savoir à qui elles s’adressent
Si c’était des prières, elles seraient pour le plus haut
Si c’était des complaintes, je les garderais pour moi
Si c’est une chanson, est-elle faite pour me rassurer ?
Si je m’adresse à quelqu’un, qui est cette personne ?
Il n’y a uniquement que des arbres autour de moi
Quelle idée de vouloir leur parler ? Est-ce absurde ?
Je constate que je ne suis pas totalement seul ici
Ce qui provoque en moi de l’inquiétude. Je me ressaisis.
Je pense que je ne dois pas m’inquiéter. Je me laisse porter.

Neuvième jour.

S’il arrive que les vipères ne manquent pas
Je n’ai pas trouvé de serpent à cet endroit
Si jamais j’en trouvais, ça ne serait qu’un animal.
ici, tout est tranquille, il n’y a rien à craindre
Si j’ai commencé à ressentir de l’angoisse tout à l’heure
C’était sans raison, d’ailleurs, la clarté n’avait pas disparu
C’est juste que j’avais fermé les yeux un instant
Quand je les ouvre à nouveau, je m’aperçois que je n’ai plus d’habits
Est-ce que je me sens nu pour autant ? Je ne le crois pas.
Ceux que je pensais avoir disparu sont bel et bien présent
On vient me parler, je suis heureux de me retrouver avec eux
Je n’imagine pas que nous soyons séparé pour quelque raison
Cette fois-ci je respire, je recommence à vivre, à aimer.

Dixième jour.

Nous sommes en train de nous baigner
C’est un peu comme au commencement
Sauf que nous ne sommes pas né ainsi
Ce n’est pas grave, il suffit de suivre le courant
Il est inutile d’apprendre à nager, tout est inné
Si quelqu’un risque de se perdre, pas d’inquiétude
Il est avec nous, nous sommes ensemble.
Loin de nous noyer, voilà que nous tournoyons
Les poissons en deviendraient presque jaloux.
Nous ne désirons pas nous enorgueillir
Tout à l’heure, nous marchions, maintenant, nous nageons,
Plus tard, nous lèverons-nous ? Laissons nous guider.
L’eau ne paraît ni froide ni chaude. Elle est agréable.
Il ne nous vient pas l’idée de la quitter.

 

(juin 2017)

 

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T’aimer comme ça

Salamaleykum/bonsoir,

Comme j’aime beaucoup ce titre de Mayer Hawthorne : « Love Like That », j’ai donc fais une adaptation (très libre) des paroles.

J’espère que vous apprécierez incha Allah… Adiba aussi, je l’espère. 🙂

Bon été à toutes et tous et leila saïda !

Tu me fais du charme, moi, je m’emballe,
Tu aimes quand rien n’est banal
Tu vas trop loin, et encore plus loin
Pourtant, je ne refuse rien.
Je suis gêné, et toi tu fonces
Je suis pressé, quand tu renonces
J’attends mon tour, tranquillement,
Il viendra le bon moment.

Je fais semblant, je regarde ailleurs.
Je n’en sais pas moins, par ailleurs.

Je veux t’aimer comme ça
Sans réfléchir. Accélérer.
Et si nos cœurs s’emballent,
Ne ralentit pas !

Oui, je veux t’aimer comme ça !
Sauter dans le vide pour voir.
Et si jamais nos cœurs lâchent,
Qui s’en mordra les doigts ?

Tu peux m’appeler, même tard le soir
Quand ton couple, c’est plus la joie.
Oublie le dîner, et le dessert,
Tu sais bien ce que je préfère.
Je te veux du bien, tu veux bien pire,
Je fais un film, mais tout empire.
Tout s’inverse, sans prévenir,
Une sorte de sorcellerie.

Je fais semblant, fait l’indifférent.
Je n’en sais pas moins, soyons franc.

Je veux t’aimer comme ça
Sans réfléchir. Accélérer.
Et si nos cœurs s’emballent,
Ne ralentit pas !

Oui, je veux t’aimer comme ça !
Sauter dans le vide pour voir.
Et si jamais nos cœurs lâchent,
Qui s’en mordra les doigts ?

Ce genre d’histoire :
Je sais ce qu’il faut croire
Je ne suis pas naïf. Tu vois…

…J’attends de ta part
Un signe, un départ,
Ne soyons pas en retard.

Je veux t’aimer comme ça,
Sans réfléchir. Accélérer.
Même si cela va trop loin,
Je n’en veux pas moins !

Oui, je veux t’aimer comme ça !
Sauter dans le vide pour voir.
Même si l’on se brûle,
Laissons là les scrupules…

 

(juin 2016)

 

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Adiba + Adele

Salamaleykum, bonsoir.

 

Je n’ai pas su lire entre les lignes.

J’espère que vous apprécierez malgré tout cette adaptation très libre, incha Allah.

Le vidéoclip : « Hello » et la signification du texte.

 

Besslama, à bientôt.

Allô, c’est moi

Voila, j’espère que tu ne m’as pas pour toujours oublié
Je fus méchante, désolée
C’est vrai que je me suis égarée, veux-tu enfin me pardonner ?

Allô, ne te fâche pas,
Je me berçais d’illusions, empruntant une mauvaise voie
Mais j’ai compris, oui, c’est toi,

C’est toi que je vénérais, mais seule ici j’étais intoxiquée
Tant de distance entre nous deux.
Trop de pression, ce sont eux.

 

Je te veux à nouveau dans mes bras
Je veux revenir jusqu’à toi
Voila pourquoi j’espère tant que tu m’entendras
Oui, je sais que tu as beaucoup pleuré pour moi.

Je te veux à nouveau dans mes bras
Je ne veux plus souffrir comme ça
Voila pourquoi j’espère que tu m’accepteras
Oui, je sais que j’étais vraiment trop sûre de moi, je l’avoue…

 

Allô, je te dérange ?

Voila, je vois trop souvent que mes jours ne sont que pluies et poussières
Je veux pleurer, désolée.
Tu m’as tourné le dos, je comprends… je n’ai pas eu le courage de dire un mot.

Redonne un sens à ma vie, reviens… ya habibi… je t’aime…

 

Je te veux à nouveau dans mes bras !
Je veux revenir jusqu’à toi !
Voila pourquoi j’espère tant que tu m’entendras
Oui, je sais que tu as beaucoup pleuré pour moi.

Je te veux à nouveau dans mes bras
Je ne veux plus souffrir comme ça
Voila pourquoi j’espère que tu m’accepteras
Oui, je sais que j’étais vraiment trop sûre de moi, je l’avoue…
Oui, je l’avoue !

 

(novembre 2015)

 

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